Arrivée au Mexique à Tijuana, avion pour Mexico annulé, l’enfer.

Vu le retard causé par le vol, je décide de plutôt de m’arrêter à Mexico, pour faire mon film Hostelling International là-bas. Dommage, à Oaxaca, j’aurais vu Anne, qui était précisément dans la même auberge !!

Montage sans fin pour mon film sur les élections américaines: il a duré tout mon séjour à LA, puis à l’hôtel à TIjuana, puis à l’aéroport à Mexico, puis à l’auberge. Je ne sais donc travailler “efficacement” que quand la dernière limite approche. Pourquoi essaye-je depuis tant d’années de me persuader du contraire ?

Oli | octobre 23, 2008 @ 17:01
JB! J’espère qu’il y aura encore des avions annulés!!Tu m’as fait super rire!!! C’est un de tes meilleurs films….!-)))

Thomas (aka Poney Spears) | octobre 23, 2008 @ 19:31
genial!!
Et les bus ils les annulent pas???

Mexico sonore


Un petit exercice que je m’amuse régulièrement à faire depuis que j’ai passé quelques jours dans le désert: faire l’analyse sonore du bruit ambiant. Essayer d’isoler et de reconnaître chaque composante du son qui parvient à mes oreilles. C’est pas nécessairement évident.

Un vieux souvenir de cours: dans la pratique, le vide sonore absolu est impossible. Même dans le plus grand isolement sonore, il restera toujours le bruit des battements du coeur de celui qui écoute… C’est dire s’il est rare de se retrouver dans de telles conditions: un endroit où il ne reste vraiment plus que son propre coeur à écouter. 

Eh bien à Tecopa, c’était frappant. Je n’en suis pas arrivé là, mais quand j’y prêtais attention, le silence était… vertigineux. Le moindre petit bruissement prend des proportions démesurées. 

Quand j’ai fait du stop dans le désert, à des kilomètres de toute habitation, il y avait un panneau indicateur métallique à une trentaine de mètres de moi. Parfois, un léger souffle de vent lui faisait émettre un petit bruissement. Un tout tout petit murmure. Mais là, c’était comme s’il remplissait tout le désert. Et du coup, on se rend compte de la grandeur du silence qu’il y a autour.

J’ai aussi pris une photo, en attendant. Je me suis rendu compte pour la première fois qu’il y avait un moteur dans mon appareil photo ! Probablement le stabilisateur d’image. Eh bien j’ai longtemps attendu le passage d’une machine agricole, avant que l’appareil s’éteigne automatiquement (en faisant un plus gros bruit); le silence qui a suivi m’a fait comprendre que ce son provenait de l’appareil dans ma main ! 

Tout ça pour dire (mon dieu qu’est-ce que je suis bavard) que j’ai été frappé par le bruit à Mexico. Il y a tellement de pistes sonores dans la table de mixage de mes oreilles que ça parait impossible de les cerner toutes. J’ai essayé, mais il restait comme une part d’un brouhaha que je ne pouvais pas identifier, que je ne pouvais même pas qualifier de grave ou aigu, de mécanique ou d’humain, juste un remplissage indéfinissable, impalpable. Depuis le restaurant de l’auberge de jeunesse, y a les gens qui parlent, les frigos, les bruits de vaisselle, une musique puissante, on entend les voitures qui passent, la musique amplifiée d’un spectacle de rue, les cloches de la cathédrale, un orgue de barbarie, des gens qui parlent en marchant dehors, la grosse caisse qui rythme une démonstration de danse tribale, les cris de marchands ambulants…

Je dois dire que la journée de montage que j’ai passée là n’était pas des plus agréables 🙂 

Patrick (de Gedinne) | octobre 28, 2008 @ 4:24
Il y a des gens qui sont doués pour partager leur vécu et d’autres qui ne le sont pas.
Par bonheur, tu as ce don.
Je crois qu’un voyage de ce type, ça s’apprécie en trois temps : 1) quand tu le vis, 2) quand tu le racontes, 3) quand tu t’en souviens… et paradoxalement, je suis persuadé que le plaisir va croissant.
En racontant tes aventures avec tant de détails, tu fais bien sûr un cadeau à tes lecteurs mais tu t’en fais aussi un superbe à toi-même. Tu sauras l’apprécier dans quelques mois quand sera venu le temps de la nostalgie…
Merci de partager. Merci de rappeler que la vie, ça peut être ça aussi. Merci de prouver que les Gedinnois aussi peuvent vivre de grandes choses…. Que, non, quoi que certains en disent, le monde ne s’arrête pas à Pondrôme !

Vanessa de Gand | octobre 28, 2008 @ 14:26
Liefste JB. Ik blijf je volgen en ben geboeid door je avontuur. Deze maal in een land waar ik bijzonder van hou, Mexico. Alhoewel ik alleen de kust ken en enkele pyramides, dus helaas als echte toeriste. Het bezoek aan de steden zal er ooit van komen, beloof ik mij ieder jaar. Ik ben een beetje jaloers dat jou het dus wel is gelukt. Wil je mij daar aankondigen JB en zeggen dat ik in aantocht ben? Je t’embrasse.

Mexico, observations en vrac

Musée d’Art Moderne. Il me ressemble, mais ce n’est pas moi !

– Les Mexicains ont des têtes de Mexicains. Euh… comme dans Lucky Luke 🙂

– C’est incroyable comme la ville bouillonne de vie. Des commerces partout, tout petits. Les gens ont l’air très débrouillards pour se faire un peu d’argent. Ici, un restaurant peut tenir sur un mètre carré. Une vieille dame peut faire des tacos, et les y vendre aux passants, et ça marchera à coup sûr. Avec un mètre carré, on peut aussi ouvrir un WC (y en a à chaque coin de rue, la tourista doit faire les affaires des Mexicains !). Des tas de vendeurs ambulants, d’échoppes d’artisanat, et de commerces habituels en tous genres. Des petits établissement, mais qui ont tous l’air de fonctionner du tonnerre. Il y a même des magasins devant lesquels il y a une espèce de présentateur, avec un micro, qui passe la journée à vanter l’établissement!

– Même dans les rames du métro, des marchands ambulants se promènent avec un stock d’un seul produit, des éponges ou des lampes de poche, par exemple, et les vendent pour un prix dérisoire. Ils font leur pub en criant. Ou alors, des aveugles, qui vendent un CD dont ils diffusent la musique avec un poste calé dans leur sac à dos. Ils avancent à tâtons parmi les passagers. 

Et tout cela marche. Ils ne se font sûrement pas beaucoup de bénéfice à l’unité, mais ils vendent beaucoup.

– Beaucoup de très petits enfants vendent aussi dans le métro ou en rue. Ils ont souvent un panier de chocolats et de bonbons.  Ils souvent par deux, et ils ont parfois à peine huit ou neuf ans, avec un petit frère ou une petite soeur !

– Les Mexicains adorent les reprises de musique. Partout, tout le temps, on entend des tubes réinterprétés en espagnol, ou “Let it be” au violon, ou encore la version reggae de “Titanic”. 

– Une première pour moi: je me sens trop grand. Dans la foule, je dépasse un peu. Dans les galeries commerçantes avec des articles suspendus partout, je dois marcher la tête penchée.

– on peut acheter des cigarettes à la pièce chez le marchand de journaux. Un paquet de chaque marque est ouvert, on se sert, et on donne une pièce au marchand.

– Mais on voit très peu de gens fumer.

Moeder | octobre 29, 2008 @ 3:07
Spijtig! Je moest de sterren van zijn schoenen niet laten zien.

Documenteur

Agacé par le bruit dans l’auberge, et pas du tout inspiré pour y faire un film, j’ai décidé d’aller m’installer dans une autre, toute petite, dans un cul de sac dans un quartier calme. Et d’opter pour le difficile thème officiel de la semaine: “documenteur”. J’ai une idée un peu débile. Et soit ça marche et c’est réussi, soit je me plante complètement et c’est pathétique… Vous jugerez vous-mêmes. 

Pour ce film, je dois solliciter de l’aide, car j’ai besoin d’être filmé moi-même. Et c’est aussi pour ça que j’ai choisi la petite auberge: ce sera plus facile de me faire de suffisamment bonnes connaissances là-bas que dans cette usine de 200 lits où je suis.

C’est ainsi que Guy, un Israélien, devient mon premier cameraman. Guy se donne six mois pour visiter le Mexique et l’Amérique Centrale. Il m’apprend que c’est courant pour les Israéliens de faire un break après leur service militaire (de trois ans !), et de faire un grand voyage en Amérique latine, ou en Inde. 

Petite coupe de cheveux dans la Zona Rosa

J’ai enfin trouvé un coiffeur de chez qui je ne ressors pas déprimé. Le problème, c’est qu’il est un peu loin de Bruxelles. 

Cest un des petits détails behind the scenes qu’il faut gérer quand on voyage si longtemps. Et qu’on na pas l’habitude de faire ailleurs. Passer chez le coiffeur. Racheter des chaussettes. Faire des lessives. 

Mes vêtements qui sèchent place Zocalo.

La petite auberge HI se trouve dans le quartier Zona Rosa, c’est le quartier branché/gay de Mexico. C’est Guy qui me la fait remarquer, un peu hautain, d’ailleurs. Moi, il faut croire que je n’ai pas les yeux en face des trous ! Car énormément de couples homos se baladent main dans la main, même bien plus qu’à San Francisco. Autre chose que je n’avais pas remarquée, et là c’est Geoffrey qui me le fait rendre à l’évidence: physiquement, les Gringos ont la cote chez les Mexicaines. Et chez les Mexicains de la Zona Rosa. Du coup, pour voir, je soutiens le regard des mecs que je croise. Wooops en effet ! Cest assez gratifiant, je trouve 😛

Thomas (aka Poney Spears) | octobre 30, 2008	@ 21:07
Mon post prefere!!!  :-)

Cha | novembre 2, 2008	@ 17:57
Tu métonnes, Thomas! ;-)
On se demande pourquoi? :-)
Biz à tous les 2!
P.S.: JB, cest toujours un réel plaisir de lire ton journal!!!

T-Rex | novembre 24, 2008	@ 15:25
Mi querido Sebastian, un poco de conocimientos de geografía de la ciudad pueden ayudar. La Zona Rosa no está en el Zócalo y el Albergue HI está en pleno Zócalo que contiene muchísima historia en sus murales, edificios y calles pero a cada quien sus intereses a resaltar aún cambiando los sitios y sus nombres.
Linda foto desde el techo del albergue con tu ropa donde podemos ver una parte de la Zona Zócalo.

Cherchez l’erreur

Il y a un détail insolite dans cette photo. Lequel ? 

Réponse: Ben il n’y a que des femmes sur cette partie de quai ! Pendant les heures de pointe, une partie des rames du métro sont exclusivement réservées au femmes (et petits enfants). Celles-ci ont le droit d’être un peu moins compressées que les hommes. Et compressé, c’est peu dire. 

J’en fais les frais. Bloqué comme ça pendant tout un temps entre deux stations. Ma caméra disparaît de mon sac. 

Me voilà paralysé…

Mais pour deux jours seulement. Car, il faut le souligner, l’équipe de production de Müvmédia est disponible et efficace: Marie-Michèle m’expédie directement une caméra de remplacement, qui me parvient une quarantaine d’heures plus tard. 

Et… je vois Geoffrey qui est à Mexico aussi ! Quel plaisir d’échanger nos expériences, plaisirs, frustrations de Müvmédiens ! C’est bizarre, c’est en le voyant ici que je réalise subitement que je suis au Mexique ! On passe quelques heures ensemble, il me donne aussi un coup de main pour mon film, et puis nous retournons vers nos travaux respectifs. C’est que la dead line approche… Il y a toujours une dead line qui approche, pendant Müvmédia… :-S Je décline son invitation à un match de catch mexicain, très populaire ici. (Il me reste moins de deux jours pour terminer le tournage et faire le montage.) Mais ce n’est pas pour autant que je n’expérimenterai pas ce sport, comme vous le constaterez dans une très prochaine émission télé.

Même terrasse qu’avec Guy, trois jours plus tard: c’est Andres qui le remplace, pour faire des contre-plans.
Je ne montre jamais ce genre d’endroit où je passe chaque semaine beaucoup d’heures difficiles: mon studio de montage 🙂

Pour ce film, j’ai copié Maxime, je me suis senti inspiré pour une affiche…

Bientôt sur vos écrans et sur www.muvmedia.tv ! 😛

Maxime | octobre 30, 2008    @ 6:23
Joli article. Jolie affiche. J-B, je tiens à te dire que j’ai pensé à un sujet si tu fais un film au Québec… Je crois que tu aimeras, j’ai les contacts et tout… écris-moi si ça t’intéresse.

[FILM ETAPE 7] Le nouveau

Voyager seul pendant trois mois, ce n’est pas toujours facile. A un point qu’on peut se prendre à fantasmer un compagnon de voyage. Quelqu’un qui serait sur la même longueur d’onde. Et si ça arrivait vraiment ? Et si ce n’était finalement pas si agréable que ça ?

Merci aux nombreuses personnes qui ont collaboré, en particulier à Guy.

Thème imposé : DocuMenteur
Lieu : Mexico, Mexique
Mon état moral : 7/10
Hébergement : Dans deux auberges de jeunesse de Mexico.
Inspiration : C’est le genre de cas que j’aime, où je ne dois pas me creuser pour trouver des idées. Doper était sur ma route, tout simplement.


RESULTATS DU JURY
Emmanuel Gras: 17/20
J’ai BEAUCOUP aimé. Au delà de la performance technique (passage en panos assez bluffant) et de l’idée première assez amusante mais aussi casse gueule (risque de blague de potache), le film de Jean Baptiste réussit à toucher quelque chose d’assez profond. Cet autoportrait dual n’est en effet pas aussi simple qu’on pourrait l’imaginer au départ car Jean-Baptiste a la finesse de ne pas être dans l’opposition noire et blanche des aspects de sa personalité.

Tatiana De Perlinghi: 15/20
Idée marrante et surtout belle réalisation, jolie prouesse technique, on est bluffé! Malheureusement, je n’ai pas été dupe de l’accent « flamand » de Doper (ce qui n’est un problème que pour les belges) d’où je n’ai pas aussi bien « marché » que les autres. J’ai trouvé aussi que l’expression orale aurait pu être un peu plus soignée pour donner plus de profondeur au propos (le fond y était, mais dit de façon un rien maladroite à mon sens, ou pas assez sérieusement)… bref, je suis restée sur une impression de blague de potache qui n’était peut-être pas tout à fait l’esprit voulu.

Pascale Buissières: 17/20
Ce film est mystifiant techniquement. A-t-il un frère jumeau. Très habile, drôle, charmant. Ceci est un beau témoignage, un peu candide à propos de cette quête qui guide le voyageur.

Note finale: 49/60

tanguy.fraval - 21 nov. 2008
Salut JB,je ne suis pas un bon critique car peu connaisseur de ton métier;mais je te soutient bien fort (tardivement d'accord,"vieux motard que jamais")ahah:-)...En fait on te suit depuis le début...
Bref,Muriel et moi aimons vraiment ce que tu fais et franchement merci pour le talent que tu as pour nous faire partager tes impressions,aventures,émotions,ainsi que tes délires...
Bravo pour tes mises en scène perso.
Nous te souhaitons donc plein de courage pour la fin de ton périple,en espérant te revoir autour d'une bonne bouffe qui doit aussi te manquer?
En fait quand je vois tes reportages,je pense très souvent à ceux de l'équipe de Daniel Mermet, un animateur radio,(sur France Inter), bien engagé (altermondialiste) que j'aime écouter chaque jour.....et qui je crois pourrait bien te donner du boulot!
J'arrête là car tu as d'autres chats à fouetter, mais voilà:bon courage et au plaisir de te revoir même si on se connaît assez peu.
Bien à toi,
Tanguy

pascal lahaut - 16 nov. 2008
Bon, très bon et fier d'être belge. Tu es promis à un bel avenir cinématographique. CONTINUE !!!

mjgmjg7 - 15 nov. 2008
Oui, c'est ça, des poupées russes et aussi des jeux de miroirs ( c'est le cas de le dire) , et de mises en abîme. Une forme qui se superpose parfaitement avec le fond. Astucieux, profond, touchant. Bravo.

M - 15 nov. 2008
De vraies poupees russes en camera. Tres tres interessant. Bravo.

Steph rochez - 14 nov. 2008
Très chouette film JB!!!
Je trouve ça assez surréaliste, décalé... très belge finalement! :)

Christelle - 14 nov. 2008
C'est géant! J'adore!!!!! 2 pour le prix d'un!!! C'est vraiment très très chouette, surprenant, enfin j'ai vraiment adoré! FELICITATION!

sofmathieu - 13 nov. 2008
Bravo pour ton accent flamand j'adore JB, t'es le meilleur!

Julie Bresmal - 13 nov. 2008
très chouette film... vraiment! proficiaat JB...

Vince - 12 nov. 2008
Une technique originale fonctionnant très bien. Le procédé utilisé marque vraiment ton "inventivité-créative" : félicitations ! Ce montage a sans nul doute demandé beaucoup d'investissement de ta part et le résultat est excellent.

sabrina - scarna 11 nov. 2008
Dag Doper et bienvenue chez les poneys! ton film est terrible, génial et si inventif pourtant si simple ou si simple mais pourtant si inventif! tu es trop top!

Lili - 11 nov. 2008
Wow, quelle chouette manière de clôturer ces 3 mois ;o)))

kicker - 11 nov. 2008
Bluffant!! Félicitations Jean-Baptiste! Rassure toi, avec ta barbe tu es bien plus beau que Doper...!-))

amandineleduc - 10 nov. 2008
Vraiment super! Bravo J-B!

mariannehody - 10 nov. 2008
On ne s'ennuie pas dans tes films; quand c'est fini, on dit "déjà?"
 

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