To whom it may concern

I’d like to write a message in English for once. I realize I refer to this website to the people I meet, but most of them can’t read any French! So you may want to know everything’s going fine for me, I’m meeting many kinds of interesting people, I’m seeing wonderful landscapes, I’m having great times.

Such a travel could not be a nice experience without the people met on the road. They are actually the main characters of the adventure.

Muvmedia promotes a very nice social way of travelling. The duty of making documentaries keeps me meeting people, much more than during an ordinary travel, or when being in Brussels. And I have to say all those meetings open my mind. I didn’t know it was possible to open the eyes as wide…

Actually I didn’t expect to find so much generosity on my way, everyone offering something different. A nice talk, a couch, a meal, an idea of destination, an advice for meeting someone, a personnal story, an emotion. Thank you all for all that. Take care and please let me know about you.

Trois jours au pays des Têtes Plates

Dale

Il y a des rencontres, même furtives, qui vous changent. Qui modifient un peu votre façon de voir le monde. J’ai passé trois jours au Montana, qui ont peut-être été les plus riches que j’ai jamais eus.

J’avoue m’être très peu préparé au voyage Muvmédia, pour ne pas dire pas du tout. C’était « ok, tu es pris » juste un mois avant le départ, juste le temps de tout organiser pour se libérer trois mois. Un autre mois s’est écoulé depuis le départ, et comme ça me paraît déjà loin, tout ça.

Bref, je ne connais rien de l’Amérique. Il n’y a dans ma tête que quelques lieux communs. Des noms d’états, des noms de villes, quelques paysages. C’est ainsi que de l’Alberta, j’ai décidé d’aller au Montana, simplement parce que dans ma tête, ce nom est associé à de beaux paysages. Peut-être que je me trompe. Je consulte les profils Couchsurfing, pour trouver quelqu’un là-bas. Il y en a un qui se distingue des autres: un monsieur à barbe blanche dans un tout petit village, Saint Ignatius. C’est un risque à prendre, je le prends.

Le bus me dépose à l’entrée du village. C’est dans une plaine, toute entourée de montagnes impressionnantes, recouvertes d’herbe complètement jaunie par l’été. C’est magnifique. Il est encore tôt. Les premières personnes que je rencontre, ce sont deux Indiens, qui trainent sur le parking du supermarché. Ils m’interpellent pour me demander d’où je viens. Ils trouvent que mon accent français sonne « like a parfumer ». Mon Dieu. On dirait un cliché comme dans Lucky Luke, de nouveau. (Mais pour une fois qu’on ne m’attribue pas le gros accent ardennais, je ne vais pas me plaindre.) En fait, plus j’y pense et plus j’ai l’impression d’être en plein dedans. Les paysages, les maisons… les Indiens…  Et aussi, les BD de Derib me reviennent à l’esprit: Yakari et “Celui qui est né deux fois”. Ce sont exactement les mêmes paysages. Et… c’est con, mais les Indiens ont exactement les mêmes têtes. Cet univers de bande dessinée m’a vraiment marqué pendant mon enfance et mon adolescence. Et là, je me retrouve plongé dedans, sans l’avoir voulu.

Et Buddy Longway (le héros de l’autre série de Derib)… C’est mon hôte ! Il a vieilli, mais il n’a pas changé. Il m’apprend, que, précisément, on est en plein dans une réserve, la réserve Salish, ou Flat Heads ! Celle-ci comprend quelques milliers d’habitants, dont la majorité sont pourtant des Blancs. J’apprends qu’une réserve est en fait un territoire un peu à part dont le pouvoir est partiellement aux mains des « Natives ». Propre police, propre système d’enseignement, etc. Il s’agit d’une réserve particulièrement bien organisée, les Flat Heads ont réussi à instaurer un système à la fois moderne et respectueux des traditions.

C’est d’ailleurs pour ça que, fidèle à ses valeurs d’ouverture, de spiritualité et de pacifisme, Buddy (qui a changé son nom en Dale, pour passer plus inaperçu) est venu s’installer ici avec sa femme Jeanie, après avoir vécu plusieurs années en Amérique du Sud (c’est donc là qu’ils étaient passés – ceci est un scoop).

Ils ont maintenant beaucoup d’enfants et depetits enfants. Quand j’arrive, Dale revient juste de la montagne, où il est allé camper avec sa petite fille de cinq ans, Fiona. (Whaa quel beau film j’ai raté: un vieux grand père à barbe blanche qui raconte des histoires à sa petite-fille toute mignonne autour d’un feu de camp, au pied d’une cascade en montagne !)

Quand je lui dis que le thème imposé pour la semaine est « dualité », il me dit que ça va être difficile, parce que lui, il believes in oneness. (- In what?) Je finis par comprendre et je me dis que c’est pas gagné avec un illuminé comme lui. Et pourtant ! Dale ! Il ne me faut pas longtemps pour réaliser qu’il s’agit d’une des personnes les plus extraordinaires que j’ai jamais rencontrées.

Du haut de ses soixante-huit ans, Dale est un fan d’autostop. Il revient d’ailleurs du Mexique. Aller/retour depuis le Montana, en dix jours. Il a tout à fait les moyens de voyager autrement, mais il trouve que le stop est une formidable opportunité de rencontrer des gens qu’il ne rencontrerait pas autrement. Il en fait donc son sport.

J’aime le stop pour les mêmes raisons. Et c’est la première fois que je recontre quelqu’un qui a le même point de vue. Il se fait que ce quelqu’un est un vieux monsieur à barbe blanche du fin fond du Montana.

Dale et sa femme ont choisi la religion baha’i. Une religion qui considère que le Dieu que l’on prie dans toutes les religions est en fait le même. Que toutes les religions délivrent en fait un message de paix et d’amour du prochain. Je n’en avais jamais entendu parler avant. Et cette doctrine me paraît pourtant subitement tellement évidente…

Jeanie et sa petite-fille Fiona. En avant plan: un buffalo burger avec des buffalo potatoes, délicieux !

La réserve des Flatheads semble inspirer bien des gens sur un plan spirituel. C’est tout d’abord ici que Peter Desmedt, un moine belge, a fondé Saint Ignatius mission, il y a 150 ans. C’était une demande des Flatheads eux-mêmes, qui avaient eu la vision que ces Blancs en robe noire détenaient une médecine qu’ils n’avaient pas, et qu’un fructueux échange spirituel pourrait s’opérer avec eux. Tu parles d’un échange… Les Blancs recevaient des primes pour chaque enfant indien capturé et envoyé au pensionnat catholique, où on les torturait s’ils osaient parler Salish, leur langue.

Il y a aussi une communauté amish qui y a établi ses quartiers. Dale m’y a emmené faire un tour.

On trouve aussi une communauté bouddhiste, qui organisait justement un Peace Festival ce week-end. Belle ambiance: artisanat et musique bouddhiste, flathead et « blanche », le temps d’un après-midi, sur une grande prairie autour d’une immense effigie de Bouddha.

Et puis, bien sûr, les Flatheads sont les premiers à avoir trouvé la région spirituellement inspirante. C’est vrai que cette grande plaine toute plate, toute entourée d’impressionnantes montagnes, a un côté mystique.

Franck

Dale connaît des tas de gens particulièrement intéressants. Il se fait un plaisir de me les présenter, de les inviter, d’aller chez eux.

Franck est un « native ». Il est scientifique, artiste et prof d’unif. On l’écouterait des heures raconter comment partout et à tout moment les cinq sens peuvent être en éveil, pour créer, ou simplement garder l’esprit ouvert et réceptif. L’odeur de chien mouillé de Dale, le bruit du plancher qui grince, des enfants qui s’amusent, les couleurs de la pièce… Il fait régulièrement des retraites en montagne avec sa femme, dans son authentique tipi.

Franck travaille au Salish Kootenai College (college = enseignement supérieur aux Etats-Unis). Toute une université organisée par les tribus locales, parfaitement moderne et visionnaire, tout en étant pleinement imprégnée de l’esprit de la culture amérindienne. C’est beau à voir.

L’art y occupe une place importante, et il y allie aussi la tradition avec l’expérimentation contemporaine. Les bâtiments sont à la pointe au niveau du développement durable, leurs lignes rappellent celle des tipis.

Donna

Wi-fi gratuit sur tout le campus. Chaine de télé et studios, tout en HD. Etc. Franck nous fait une visite guidée privée, à moi et Dale. (Le site web du Salish Kootenai College: www.skc.edu)

Donna tient un salon de thé où elle expose des artistes, organise des repas, ou encore des concerts. Cette femme rayonne de bonté. Je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi agréable compagnie. Si un jour je reviens ici, je ferais un film sur elle et sur son établissement.

Phil et Betty
Phil et Betty

Nous y rencontrons Phil et Betty, des habitués du lieu. Phil est un prof retraité de l’Université de Missoula, il y enseignait le français. Il est tout content d’avoir l’occasion de parler en français avec moi.

Pat, septante-neuf ans,  est un des derniers Flat Heads qui parle couramment la langue traditionnelle. Il est même le seul qui sait encore utiliser les mots complets, contrairement aux autres qui utilisent des formes abrégées. Avec une équipe de jeunes instituteurs, il a fondé une école primaire où l’on apprend cette langue, et les fondements de la culture salish qui disparaît inexorablement. Selon lui, c’est seulement en sachant qui ils sont vraiment et enassumant cette identité, que ces enfants ne tomberont pas dans l’alcool ou la drogue, comme c’est le cas pour tellement, tellement d’Indiens de par l’Amérique du Nord.

C’est mon film de cette semaine. J’en aurais eu d’autres à faire aussi, beaucoup d’autres !

Pat

[FILM ETAPE 3] Nkwusum, l’école de la différence

Les Indiens d’Amérique ont de gros problèmes d’intégration, partout aux Etats-Unis. L’alcoolisme fait des ravages. Le taux d’emploi est catastrophique. A la base de ces problèmes sociaux: une crise identitaire. C’est en tous cas le point de vue de Pat Pierre, un vieil Indien qui consacre le restant de sa vie à enseigner la langue des ancêtres aux enfants. Pour lui, les racines et la culture indiennes peuvent être le meilleur atout pour s’en sortir dans la vie.

 

Thème imposé : Dualité
Lieu : Arlee, Montana, Etats-Unis
Mon état moral : 9/10
Hébergement : Chez Dale et Jeanie, des parents et grands-parents fantastiques.
Inspiration :Dale, qui m’héberge, m’a piloté à gauche et à droite dans la région pour me la faire découvrir. Je me suis arrêté sur cette école, mais il y avait dans la réserve Salish tant d’autres sujets et personnages intéressants !


RESULTATS DU JURY
Emmanuel Gras: 14/20
Beau sujet, personnage intéressant qu’on laisse parler.
Le film est prenant car on s’attache à la parole, mais il manque tout de même de créativité dans sa forme.

Tatiana De Perlinghi: 16/20
Personnage très touchant et on sent la densité du sujet possible au delà des 3′. Très beau début et très belle fin, dignes d’une fiction. Le film est bien encadré par le sujet même et pas par des effets (ce qui est souvent une faiblesse des muvmediens, logique en 3′).

Pascale Buissières: 14,5/20
Beau portrait. La caméra est sensible. Le propos est intéressant sauf que l’on ne sait pas ni où l’on est ni de quelle culture est issu cet autochtone. Manque d’informations donc. La réalisation est un peu convenue.

Note finale: 40/60

Brigitte Membrive - 17 oct. 2008
très belle illustration de la dualité, un portrait très attachant et dont le film retrace bien son but! Vive le futur indien!

Arnaud Wéry - 17 oct. 2008
vraiment captivant comme reportage, chapeau bas, m'sieur JB!
	
Sébastien Wielemans - 16 oct. 2008
Bien joué sur ce coup-là JB! Si seulement on avait eu des enseignants pareils! Super rencontre, très touchante. On s'accroche on s'accroche !

Nipalit - 15 oct. 2008
Super film, merci. J'aime quand tu nous fais decouvrir des personnages, tu fais bien ca.

Serge - 14 oct. 2008
C'est le même problème au Canada, tant chez les autochtones que chez les francophones. Excellent film.

anneso_v - 14 oct. 2008
Simple, efficace, ce documentaire, avec peu d'éléments, dit tout de la problématique avec un personnage attachant. Bravo!

Vince - 14 oct. 2008
Excellent sujet pour traiter de la dualité. Peut-être aurait-il été intéressant de l'illustrer en montrant les différences dans et hors de la réserve. Bon travail.
	
Anne-Marie M. - 13 oct. 2008
Pour moi, c'est un film quasi parfait. Bravo, Jean-Baptiste!

jean denys - tytgat 13 oct. 2008
bon sujet pour les indiens je prefere de loin ton film a celui d un autre des participants

Tout le monde n’est pas aussi libre

– Jake Monrow, who’s Jake Monrow?

Portland. C’est la nuit. On vient de faire escale. Le chauffeur passe dans l’allée avec un papier à la main. Un adolescent de seize, dix-sept ans qui est dans le bus depuis un bon bout de temps, se lève.

– I’ve to check something with you, could you come and see?

Le garçon le suit. Trente secondes plus tard, le chauffeur revient.

– Helen Hunter? Is Helen Hunter here?

C’est la jeune fille qui était assise à côté de l’autre, qui sort.

Les autres passagers du bus commentent. Certains disent qu’il doivent avoir mélangé des bagages. D’autres confirment après avoir regardé par la fenêtre: les membres du  personnel de la gare ont l’air embêtés, coupables. Ca y est, on va tous de voir sortir pour identifier des cadavres de bagages explosés, je me dis.

Un employé Greyhound monte à son tour et demande où étaient assis les deux jeunes gens. Il prend leurs affaires. Les passagers avec qui ils avaient discuté expriment leur étonnement. Il explique qu’Helen et Jake ont été arrêtés. Tout simplement. Ils fugaient.

C’est très bizarre que des membres de notre petite communauté des voyageurs du bus soient ainsi stoppés net. Qu’on nous les prenne sans qu’ils aient pu dire au revoir. Même s’ils fuguaient, d’un certain côté, j’aurais aimé qu’ils arrivent à leurs fins. Bon vent, Jake et Helen. Moi je suis libre comme l’air, et je vous dois de l’apprécier comme il se doit !

San Francisco

J’arrive à San Francisco quand il commence à faire noir. Je n’ai à nouveau pas d’endroit où dormir et je me sens un peu perdu quand je débarque du bus dans le Financial District et ses buildings. Jusqu’à ce que je trouve un Starbucks ! C’est devenu un apaisement chaque fois que je vois l’enseigne 😛 Un chez-moi douillet où que j’arrive aux Etats-Unis: une bonne connexion internet dans un cadre agréable, pour le prix d’un café. (C’était mon petit hommage à Starbucks.) Sur internet, je peux trouver un plan de la ville, des hotels, des auberges, des couch surfers. J’ai la chance d’avoir un ami, qui parmi bien d’autres choses, est un pro des bonnes combines internet, et qui est sur Skype au bon moment. Il me guide pour trouver un hôtel bon marché in extremis.  C’est ainsi que je découvre Priceline, un site sur lequel on fait une offre (le montant qu’on est prêt à mettre) et la catégorie désirée (le nombre d’étoiles) pour une chambre d’hôtel, et on paie par carte de crédit avant de recevoir le nom et l’adresse de l’hôtel. Il y a moyen de faire de très bonnes affaires. (C’était mon petit hommage à Thomas.)

Le lendemain, je finis par trouver un couch surfer pour m’héberger, et surtout pour m’aider à m’immiscer parmi les San Franciscains (?) pour trouver un sujet de film. Enfin, je croyais. Apparemment, y a tellement de demandes Couchsurfing à San Francisco, que les gens qui acceptent le font plus par idéal hospitalier que par plaisir de faire des rencontres, d’après ce que j’ai compris. Hospitalier, il l’est en effet, mon hôte, mais je comprends vite que ce n’est pas la personne qui m’aidera pour mon film.

Par contre, je rencontre Wil, qu’il héberge en même temps, et avec qui je passerai une agréable journée de tourisme. Wil est franco-anglaise et termine des études d’institutrice, un boulot qu’elle veut exercer à l’étranger. Elle essaie de voyager le plus possible pour trouver le pays idéal.

J’adore cette ville. Le contraste des habituelles rues perpendiculaires austères avec leur incroyable inclinaison donne un cachet de folie à la ville. Et l’eau, tout autour, et les ponts majesteux, et les arbres, c’est vraiment très agréable. Ca devient déjà une règle générale: en début de semaine je suis euphorique, je voudrais que Müvmédia ne s’arrête jamais. Puis je m’angoisse parce que je n’ai pas de sujet. Ca, c’est le pire. Petite accalmie quand je suis rassuré de l’avoir trouvé, puis deux jours (et parties de nuits) de stress à me battre avec-moi même pour avancer dans mon montage. Une fois le fichier envoyé, la pression retombe d’un coup sec et c’est de nouveau génial.

Si San Francisco est vraiment chouette, il y a par contre ENORMEMENT de sans abris dans le centre. Mais par rapport aux autres villes, ici, ils ont tous l’air d’avoir de graves problèmes mentaux. Selon certaines rumeurs, cela tiendrait au fait que Raegan aurait décidé en son temps de ne plus financer les institutions pour handicapés mentaux, jetant à la rue des tas de personnes tout à fait incapables de s’en sortir seules.

J’ai aussi entendu parler de cars qui les auraient déposés à l’entrée de villes où les hivers sont plus cléments, histoire qu’au moins, ils ne meurent pas tous dès les premières gelées ! (à vérifier !!)

Je ne suis pas prêt d’oublier un tableau surréaliste dans un couloir du métro: un vieux noir en guenilles tremblant de partout, jouant du violon en y mettant la passion des plus grands virtuoses. Mais à cause de sa tremblote, son archet ne faisait que sauter de manière désordonnée sur les cordes, produisant des sons complètement incohérents… Vraiment, un fou comme dans Tintin. J’ai hésité à le prendre en photo, je ne l’ai pas fait.

Je passe le reste de la semaine chez David, un type très sympathique (je ne l’ai pas pris en photo non plus) (lui, c’est un oubli, c’est pas un souci de déontologie, lol). Je me mords les doigts d’avoir dû décliner ses propositions pour rencontrer ses collègues ou amis, qui avaient pourtant l’air très intéressants, retard accumulé dans mon film oblige.

Mon film: vous verrez, ça tourne autour d’une photo d’enfant trouvée à terre dans la rue…

Ton père | septembre 27, 2008 @ 16:22
Salut JB.
Le reportage sur le Montana et ses Indiens est passionnant. Bravo.
Il me semble que je ne suis pas le seul à imaginer ce que sera le film de San Francisco à partir de la photo trouvée en rue, c’est un genre que tu affectionnes …
Ce soir

Ton père qui t'admire | septembre 27, 2008 @ 16:36
Je n’ai as eu le temps d’écrire mon intitulé en entier ni de terminer mon message.
Ce soir Ciné Gedinne passe L’oncle Edmond, et quand tu rentreras tu te mettras probablement à l’histoire de l’escroc.
Bonne continuation, je t’embrasse fort.

g. | septembre 28, 2008 @ 21:40
J’aime bien tes aventures… mais dis moi vieux loup de mer futé, comment as tu fait pour mettre ton son en lecteur Quick time exportable… pour le superbe sauvetage de ton ordi?

jean-baptiste | septembre 29, 2008 @ 2:29
C’est toi qui me demandes ça, alors que tu avais réussi à pirater toute la mise en page du blog ?! :-D
J’ai fait “ajouter son”, l’icône en haut à droite de la fenêtre où l’on écrit nos posts… et c’est le résultat que ça donne.

g. | septembre 29, 2008 @ 15:23
Ha oui… pas si dur… mais je commence à être fatigué de la maniabilité de ce blog… et un peu fatigué tout court… plus le temps de pirater… 
Question : pourquoi on arrive pas à avoir de lecteur exportable de nos vidéo?
Allez à plus… On marche côte à côte à ce que je vois… suis à Columbus NM… take care JB!

Thomas (aka Poney Spears) | octobre 1, 2008 @ 22:21
Merci pour l’hommage!  Amuse-toi!  :-)

[FILM ETAPE 4] Jiles et moi

Que faire à San Francisco quand on voyage seul et qu’on ne connaît personne ? Et si je donnais un petit coup de pouce au destin, en allant rendre un objet perdu à son propriétaire…

Merci à Jiles, son père et son frère, à Wil, à Jon et à David !

Thème imposé : Nuit blanche
Lieu : San Francisco, Californie
Mon état moral : 7/10
HébergementD’abord chez Jon, un couchsurfer presque professionnel, puis chez David, qui m’a gentiment partagé son appart.
Inspiration : J’adore ce genre d’enquête. Partir de rien pour construire une histoire, s’inventer un jeu de piste un peu fou et qui n’a quasiment pas de sens. En faire un film, ça peut être un bon prétexte pour assouvir ce fantasme !


RESULTATS DU JURY
Bram Van Paeschen: 11/20
C’est ludique, marrant. Mais la rencontre en elle-même est décevante et pas très bien filmée.

Micheline Lanctôt: 11,5/20
Angle intéressant, mais voix off trop présente et explicative. Faire confiance aux images et profiter de tout le temps alloué. Il faut donner dans la concision.

Laurent Lucas: 16/20
Tu nous fais partager ton enquête et c’est hilarant. Tu pars de rien et tu trouves par terre un trésor, c’est pile dans l’esprit de cette aventure. J’ai regretté aussi de ne pas noter ton splendide KWSUSM de la semaine passée. Tu as décollé, continue!

Note finale: 38,5/60

Bruno Gélinas-Faucher - 24 oct. 2008
Wow, ca ca prend du gots!!!

Brigitte Membrive - 23 oct. 2008
Bonne idée pour occuper une nuit blanche mais j'aurais préféré une enquête plus visuelle, dommage pour la voix off! A plus

Mandy - 22 oct. 2008
J'adore l'idée, mais franchement... tu as du bol quand même de trouver sa trace ! (je dis ça parce qu'il y a certaines personnes que je cherche et dont je ne retrouve rien !!!)

Christelle - 21 oct. 2008
C'est innovant et pleins de spontanéité.... C'est SUPER JB!!!

Sébastien Wielemans - 20 oct. 2008
Magnifique mon vieux ! On aimerait évidemment en savoir plus, mais l'idée est terrible. Bien joué !
	
sirenecanari - 20 oct. 2008
TOP !!!
	
Denys - 20 oct. 2008
Bravo JB, c'est très bien mené. Où vas-tu chercher tout ça ?

Maxime Bélisle - 20 oct. 2008
Quel cran. C'est tout ce que j'ai à dire.

Vince - 20 oct. 2008
Vraiment excellente cette trame et très intéressante. Partir vers l'inconnu et arriver à un but : beau jeu de piste et enquête élucidée !
	
sofmathieu - 20 oct. 2008
c'était moi, ex-poneyteke!
	
sofmathieu - 20 oct. 2008
JB j'adore ton univers....bravo!continue comme ça!

jean denys tytgat - 20 oct. 2008
tout me plais .belle enquete passionnante continue c est du bon

Petite pause sentimentale

C’est la troisième fois que je suis dans un état émotif intense aujourd’hui. Ce matin, dernière journée à San Francisco, je prends un café au Starbucks du coin. A peine connecté sur Skype, on me dit de Montréal que le film que j’ai rendu hier est bien. Pfiou, après trois films assez moyens, ça fait du bien. Je suis d’autant plus étonné que quand j’ai osé le regarder hier soir après l’envoi, je l’avais trouvé plate, comme disent les Québécois.

C’est aussi ma semaine de congé qui commence, il fait beau, la ville est belle, mon café est bon, et l’Amérique est toute à moi. Je suis bien.

En fin de journée, je prends le bus pour Fresno, au Sud. Je compte retrouver Oli, Doris, Nico et Bobby, des amis belges qui font un tour de Californie.

Quand je reçois leur réponse à mon sms, ça me fait super plaisir. Ils ne sont pas loin. Ca va être très chouette de les retrouver. Surtout dans un contexte de vacances californiennes ! Je plane.

Là, je suis dans le car qui roule dans la nuit. Personne n’a allumé sa petite lampe. Il n’y a que le bruit de la console de jeux d’un gamin et le ronronnement du moteur. J’écoute « Who wants to live forever » de Queen. C’est la première fois que j’écoute de la musique depuis le début du voyage. En fait, ce morceau colle super bien à la route de nuit. A la fois sombre et grandiose.

Je pense à Müvmédia en général, je fais un peu le bilan. Ca fait six semaines que j’ai quitté Bruxelles. Ca ne m’est jamais arrivé d’être parti aussi longtemps, je crois. Et ce n’est encore que le début, là, je suis en train de continuer à m’enfoncer dans l’Amérique et dans la nuit.

Je pense à toutes les personnes que j’ai déjà rencontrées. Cela fait beaucoup. Je ne reverrai probablement jamais la plupart. C’est spéce.

Et je pense à tout mon entourage que je reverrai, lui. J’ai l’impression qu’après un tel voyage, je l’apprécierai plus. Je me rends compte de sa valeur. Je veux passer plus de temps avec mes amis et ma famille. Je dois profiter de la vie au jour le jour. Ne plus me dire « demain ». Les amis, ça s’entretient. Ce n’est pas « pour plus tard ». C’est maintenant. Now.

Mon dieu, quelle envolée… 🙂

Un type de mon village, un rien plus vieux que moi, a mis fin à ses jours la semaine passée. Je l’aimais bien. C’était quelqu’un de bien. J’aurais aimé mieux le connaître. Mais il n’est plus là. J’y pense souvent depuis que j’ai appris la nouvelle. Là, j’y pense très fort.

Je remets « Who wants to live forever » pour la troisième fois. Je n’avais jamais fait attention aux paroles. Et dans la nuit sombre qui défile, je pleure un petit coup.

« Y a pas plus d’ours ici qu’à Gedinne »

Vacances !! C’est ma semaine de relâche, et je passe deux jours avec des amis de Bruxelles, qui font un tour de Californie pendant trois semaines. Ils sont deux couples, Oli et Doris, et Nico et Bobby, ils ont loué une voiture, et ils vont de grandes villes en parc nationaux.

J’apprécie énormément cette petite incursion dans le groupe. C’est tellement plus facile et plus drôle d’accoster les gens, de blaguer avec la serveuse du resto, de partager des sensations, de commenter les paysages, … Il faut dire aussi que ce sont vraiment de chouettes amis ! Bien sûr, en groupe, il faut tout le temps se mettre d’accord, il faut s’attendre, etc. Mais là, je trouve ça vraiment agréable. Et je redoute déjà le moment où je devrai repartir seul de mon côté. Ce n’est pas que je suis tout le temps tout seul, au contraire, je passe mon temps à rencontrer des gens. Mais ce n’est pas la même chose que de partager du temps avec des personnes que je connais bien…

Nous visitons ensemble le parc Yosemite. Ca fait du bien pour une fois d’être un vrai touriste sans devoir penser à faire un film.

Nous louons un abri de camping pour la nuit. Partout, des indications par rapport aux ours. Le plus important: ne pas laisser de nourriture dans les voitures. Sinon ils la repèrent avec leur odorat aiguisé et ils démolissent la voiture pour l’obtenir. Idem dans les campings qui sont munis d’armoires blindées où il faut ranger en permanence toute nourriture et produits de toilette.

Fin de soirée, on va se brosser les dents. Faut-il vraiment ranger les cadavres des bouteilles de bière pour cinq minutes ?

– Mais non, voyons, dis-je. Il n’y a pas plus d’ours ici qu’à Gedinne (mon village en Belgique). J’échafaude une théorie selon laquelle toutes ces mises en garde ne servent en fait qu’à rendre la région plus palpitante pour attirer le touriste.

On se rend aux sanitaires, pas loin. Lorsque je reviens à l’abri, j’y retrouve Doris toute affolée. Deux ours sortaient de chez nous quand elle est arrivée ! Ils étaient donc dans les parages depuis un moment, ils nous observaient, et ils sont venus dès qu’ils nous ont vu partir…

Cinq minutes plus tard, on entend hurler “get out! get out!” d’un abri voisin.Puis des fusées de détresse sont lancées, pour les effrayer, comme nous l’explique un garde qui passe nous rassurer peu après.

Pas mal, ça, comme petit divertissement de fin de soirée autour d’un feu de camp, non ?!

Ma grand-mère (dans mon film « Vers l’Ouest »), face à Oli et Doris, à l’Apple Store de San Francisco ! Quel mélange…

Alors que leur périple se termine, Doris, Oli, Bobby et Nico me suggèrent des pistes pour la suite du mien. Ils me parlent d’une chouette soirée qu’ils ont passée dans un petit hameau perdu dans la Vallée de la Mort.

Vendu !

josiane mazzella | octobre 3, 2008 @ 16:38
Vive les Ourset les Voyages !! ….. La suite !!...

Petit tour à Las Vegas

Pour me rendre à Tecopa, le village au bord de la Vallée de la Mort, je dois prendre le bus jusque Las Vegas pour ensuite continuer… en stop ! J’arrive à Las Vegas dans l’après-midi. Et après avoir marché deux heures sous un soleil de plomb sans trouver la route que je cherchais, je décide de passer la nuit là, ce serait quand même bête d’être venu sans avoir vu ! Et j’ai vu. Faut l’avoir vu.

Héhé…

Je ne sais pas qui est le membre de l’équipe Müvmédia qui a involontairement (?) saboté tous les commentaires vidéos de Bram sur le site, mais je trouve ça très drôle et lui adresse toute ma gratitude ! (Tant qu’à faire, s’il y avait moyen d’aussi ajouter discrètement quelques points à ses cotes…)

Anne-Marie M. | octobre 8, 2008	@ 20:52
Je suis tout à fait d’accord avec toi, Bram a été plutôt sévère envers vous :\ À le voir tout critiquer comme ça, on en vient à se demander ce qu’il aime…?

 

Las Vegas – Tecopa

C’est marrant, la perception du stop aux Etats-Unis est semblable en Europe. Les gens qui prennent disent chaque fois qu’ils ne voient jamais d’auto-stoppeurs, mais que dans le temps, c’était courant. Que c’est dangereux, de nos jours, savez-vous. Et vous attendiez depuis longtemps ? Et là, c’est toujours gênant de dire que non, que je venais de brandir ma pancarte, et que non, désolé, vous n’êtes pas mon salvateur d’un calvaire de plusieurs heures sous le soleil. Même si j’aimerais dire que c’est le cas pour lui faire plaisir. Exactement comme en Europe.

Bref, il ne m’a pas fallu vingt minutes pour trouver un lift pour m’extraire de Las Vegas (j’ai par contre dû beaucoup marcher pour trouver l’emplacement idéal). Je trouve les “bike lanes” très à propos pour laisser la place à la voiture pour s’arrêter, surtout sur les routes à six ou huit bandes.

En deux étapes, John, puis Damian, j’arrive à Tecopa. Un hameau aride (pas un brin d’herbe, que de la rocaille). La Vallée de la Mort est le point le plus chaud d’Amérique. Même le vent, brûlant, ne rafraîchit pas. 

Et il se trouve que Tecopa est réputé pour… ses bains d’eau bouillante. Ben voyons ! C’est étonnant à première vue, mais je dois dire pour l’avoir essayé, qu’à la nuit tombée, et quand la température est un peu descendue, on se sent fort bien en en ressortant. La chambrette que je loue au Tecopa Hot Springs Resort (nom assez pompeux pour ce que c’est) me donne accès gratuit aux mini-piscines où l’on peut s’ébouillanter dans une eau déjà reconnue pour ses bienfaits il y a plusieurs siècles par les Indiens.


Steph | octobre 11, 2008 @ 16:38 
Coucou Jibi,
J’ai mis du temps a enfin venir voir ce blog mais je viens de passer un long moment a tout lire.
Je t’envie, cette expérience a l’air hyper enrichissante!!!!!
Et comme d’hab, tes textes sont super bien écrits, j’adore te lire!!!!
Enjoy!!! Et a tres bientot!
Steph, L’écossaise de service.


Alice | octobre 13, 2008 @ 5:33 
Coucou Jean!!
Merci d’avoir pensé à mon anniversaire!!!
C’est chouette, c’est une belle surprise cette photo!!
A bientôt depuis l’Irlande
Bisous
Alice


Marie-Michèle | octobre 14, 2008 @ 10:42 
J’espère que tu emmagasineras la chaleur de ces hot springs jusqu’à ton retour au Canada! Le froid va bientôt nous envelopper de la tête aux pieds! Bonne continuité!!
MMxx


Julie L. | octobre 15, 2008 @ 11:29 
Bonjour à toutes et à tous chères muvmédiennes et muvmédiens! 
Tout d’abord, désolée de m’être fait silencieuse sur vos blogs depuis le début du rallye. Je vous lis et regarde vos films à chaque semaine, mais le temps me manque pour vous écrire assiduement à chacun.
Aujourd’hui, j’aimerais vous dire de ne pas perdre votre précieuse énergie à vous en faire avec les commentaires des juges, à vous sentir incompris, lésés. Prenez ce que vous en voulez, le reste on s’en balance.  À mon avis, beaucoup trop d’attention est portée là-dessus. Vos films toucheront certains, d’autres moins, c’est comme ça. Vous êtes en plus devant un jury international. Chacun d’entre eux a un système de référence différent. Je crois qu’il est très difficile de comprendre réellement le contexte dans lesquels les films sont faits et de saisir tout ce qu’être muvmédien comporte comme exigences sans en avoir soi-même tenté l’expérience. Le temps que vous passez à vous souciez de leur opinion, c’est du temps en moins que vous passez à profitez de votre aventure. Oui, c’est difficile d’être jugés sur la place publique (un très bon exercice pour l’égo vous verrez…). Le rallye, c’est un concours, ça fait partie du jeu. Mais le rallye, c’est aussi (et selon moi surtout) un laboratoire de création que vous ne retrouverez pas ailleurs. Il vous reste qu’un mois alors petit conseil d’ex-muvmédienne: éclatez-vous, expérimentez, soyez fous, testez les limites  des sujets imposés, poussez à fond votre créativité, et surtout, continuez à nous faire voyager. Vous seuls savez d’où vous êtes partis avant de commencer le voyage. J’ai regardé tous vos films depuis le début. Je les ai tous appréciés à différents niveaux. Certains m’ont touchée, d’autres fait rire, d’autres encore m’ont transportée dans des univers fantastiques ou m’ont fait ouvrir les yeux sur des réalités dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Merci!
L’an dernier, Lawrence s’était fait demandé si elle se rendait compte de la chance qu’elle avait d’être là puisque dans le monde, à ce moment, seulement 8 personnes avaient la chance de vivre une aventure de la sorte. Je me suis redite à maintes reprises cette phrase qui m’a beaucoup aidée pendant les moments de fatigue et de solitude.  
Voilà chers muvmédiens! Bonne fin de voyage à toutes et à tous et au plaisir de vous revoir à votre retour! D’ici là, j’attendrai chaque dimanche avec grande excitation de voir les aventures que vous vous permettez de vivre.
Julie


Alice | octobre 18, 2008 @ 16:56 
Oui mais si tu changes de photos après, mon commentaire il tombe un peu à plat… 


jean-baptiste | octobre 18, 2008 @ 20:48 
Tiens c’est vrai ça