Tout le monde n’est pas aussi libre

– Jake Monrow, who’s Jake Monrow?

Portland. C’est la nuit. On vient de faire escale. Le chauffeur passe dans l’allée avec un papier à la main. Un adolescent de seize, dix-sept ans qui est dans le bus depuis un bon bout de temps, se lève.

– I’ve to check something with you, could you come and see?

Le garçon le suit. Trente secondes plus tard, le chauffeur revient.

– Helen Hunter? Is Helen Hunter here?

C’est la jeune fille qui était assise à côté de l’autre, qui sort.

Les autres passagers du bus commentent. Certains disent qu’il doivent avoir mélangé des bagages. D’autres confirment après avoir regardé par la fenêtre: les membres du  personnel de la gare ont l’air embêtés, coupables. Ca y est, on va tous de voir sortir pour identifier des cadavres de bagages explosés, je me dis.

Un employé Greyhound monte à son tour et demande où étaient assis les deux jeunes gens. Il prend leurs affaires. Les passagers avec qui ils avaient discuté expriment leur étonnement. Il explique qu’Helen et Jake ont été arrêtés. Tout simplement. Ils fugaient.

C’est très bizarre que des membres de notre petite communauté des voyageurs du bus soient ainsi stoppés net. Qu’on nous les prenne sans qu’ils aient pu dire au revoir. Même s’ils fuguaient, d’un certain côté, j’aurais aimé qu’ils arrivent à leurs fins. Bon vent, Jake et Helen. Moi je suis libre comme l’air, et je vous dois de l’apprécier comme il se doit !

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